50 ans en Suisse Romande

Discours prononcé à l’occasion du 50ème de la TSR dans les cantons romands, Jura, 2004.

Il est difficile de résumer en quelques mots 50 ans de télévision… C’est pourquoi je souhaite partager avec vous quelques convictions, plutôt que de me livrer à l’exercice toujours périlleux de la mémoire sélective.

La première de ces convictions, c’est que depuis toujours, la grande chance de la TSR, c’est sa différence.

Dans ce monde audiovisuel qui foisonne de centaines de chaînes satellites, câblées, demain numériques, cette différence se reconnaît et s’apprécie.

Cette différence à aussi un sens.

Suivre régulièrement les programmes que propose la TSR, c’est aussi exprimer un attachement, un ancrage à une région.

Mais cet attachement n’est en rien synonyme de repli. Au contraire, la Suisse romande est une terre ouverte, un lieu d’intégration, un espace ou raisonnent les échos de toute la Suisse et du monde.

C’est de tout cela que se nourrit  la TSR, c’est de ce terreau si fertile, si complexe que naît sa différence.

Pour goûter de près à ces saveurs, il faut être sur le terrain. C’est d’ailleurs pour cela que nous avons tenu à venir à la rencontre des cantons pour célébrer notre anniversaire. Après le Valais et le canton de Vaud, Neuchâtel et Fribourg, le canton de Berne,  nous voici donc, avec vous, dans le Jura.

Notre présence ce soir exprime aussi l’attachement de la TSR à la diversité romande, dont votre région est exemplaire, au-delà des péripéties commémoratives, au-delà des émotions toujours vives et toutes légitimes.

Ce souci de proximité habite depuis toujours la TSR. Et permettez-moi ici de rendre hommage à tous ceux, à la TSR, qui se sont battus pour cette idée.

De « Carrefour » au « 19:00 des régions » en passant par le « Journal romand », et « appellation romande contrôlée »,  les rédactions cantonales n’ont cessé de se développer.

Elles sont aujourd’hui à Lausanne, Neuchâtel, Sion, Fribourg, Moutier et Genève et irriguent d’informations cantonales toutes les éditions de nos télé-journaux. Elles contribuent aussi à alimenter le site interactif de la TSR, avec des informations de proximité, actualisées en permanence et disponibles à la carte.

Et cette politique ambitieuse – rappelons-nous un instant que nous travaillons dans un bassin de 1m 600’000 habitants – n’exclut nullement la collaboration avec les télévisions locales.

Cette relation quotidienne entre la TSR et sa région ne se limite pas à l’information.

Des dizaines de téléfilms ont été tournés en Suisse romande, des milliers de manifestations sportives racontées et filmées en direct, d’innombrables Romands, célèbres ou inconnus se sont exprimés dans les émissions de la TSR, les plus grands rendez-vous festifs, populaires, culturels, musicaux, ont été couverts par les équipes de la TSR.

Ces milliers d’heures enregistrées sont le témoignage vivant de la richesse du patrimoine commun qui lie la TSR à sa région.

Mais ce patrimoine est menacé et nous devons aujourd’hui, tous ensemble, le sauver. Nous y reviendrons dans quelques minutes.

Quoiqu’il en soit, c’est fort de ce bagage, que la TSR part raconter le monde, observe l’actualité internationale et nationale avec un regard que l’on ne confond pas. Notre présence régulière sur le réseau francophone de TV5 Monde en témoigne.

Il est ainsi essentiel que la TSR et donc l’ensemble du service public suisse, reste fort et ambitieux.

C’est bien connu, un service public sans public n’existe plus.

Mais si nous devons avoir du succès, c’est parce que c’est la seule façon de maintenir et développer une télévision généraliste en suisse romande.

Cette télévision existe grâce à la solidarité nationale qu’exprime l’Idée Suisse de la SSR et son système de financement.

Cette solidarité est essentielle car une TSR trop affaiblie ne pourrait plus contenir les assauts des télévisions commerciales françaises, qui s’intéressent de près au petit marché romand.

Et puis nous avons des projets pour la TSR. Nous sommes à la fois plongé dans notre 50ème anniversaire et dans le numérique terrestre, dans le multimédia et l’interactivité,  qui préfigure ce que sera la télévision de demain.

Cela sera une télévision à plusieurs vitesse, regardée à la fois à la demande, en différé, ou en direct. Nos contenus seront diffusés sur de multiples supports, des plus petits téléphones portables aux plus grands écrans plats. Nous proposerons un jour de la haute définition. Et les téléspectateurs, de plus en plus, entreront en interaction avec nos contenus. Cette télévision là, celle que d’autres fêteront je l’espère dans 50 ans, nous devons la préparer aujourd’hui.

Et bien Mesdames et Messieurs, cette capacité d’anticiper, d’innover, avec souvent plus d’idées que de moyens, c’est aussi cela la différence que propose tous les jours la télévision suisse romande.

Merci à vous tous pour votre confiance et merci à nos partenaires des sociétés romandes de radio et télévision, dont bien entendu la SSR idée suisse Jura, qui montrent, par leur présence appréciée à nos côtés, qu’un service public se marie très bien avec les qualités de la démocratie directe.

Gilles Marchand

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