Et la culture dans tout cela?

La Puce à l'oreille

Depuis quelque temps, le débat fait rage autour du service public, de son périmètre, de sa qualité. Dans ce contexte, se pose la question intéressante de la place de la culture à la RTS. Etat des lieux.

La responsabilité du service public en matière de culture est importante. Mais elle ne se limite certainement pas à la diffusion. Le service public est aussi (co)producteur de culture, et cette dimension, très lourde sur le plan budgétaire, est essentielle pour toute la scène culturelle romande.

Il n’y a ainsi aucun sens à fixer l’analyse de la contribution culturelle de la RTS à une seule chaîne TV. La stratégie programmatique et budgétaire de la RTS en matière de TV, c’est « une chaîne sur deux canaux (Un et Deux) ». Raison pour laquelle il n’y a pas d’équipes éditoriales dédiées ni de positionnement spécifique par chaîne. La programmation de RTS Un et Deux est systématiquement complémentaire.

Et depuis 2010, cette stratégie s’étend au web et à la radio. C’est pourquoi la RTS a une seule rédaction culture pour l’ensemble de nos vecteurs, qui est dirigée par Alexandre Barrelet, et qui est responsable de l’ensemble de l’offre culturelle et des budgets concernés.

Un réinvestissement culturel important

Soutenu à hauteur de 10 Mio/an, le film (fictions et documentaires) n’existerait pas en Suisse romande sans une stratégie très volontariste de la RTS, et qui ne se base en aucun cas sur l’audience. Il y a aussi des centaines de concerts de musique captés chaque année, et un partenariat très important avec deux orchestres (OSR / OCL). Ces concerts sont rediffusés dans le monde entier grâce à nos relations avec l’UER. Il y a encore 13 Mio de droits d’auteurs reversés chaque année, un montant extrêmement important pour les artistes suisses francophones. Il y a enfin une stratégie offensive de diffusion de films suisses sur TV5Monde qui font rayonner la production suisse hors des frontières nationales.

Du côté de la télévision

Il y a bien sûr « La Puce à l’oreille » coproduite en partenariat avec une société de production privée, mais pilotée par la rédaction en chef culture de la RTS et nourrie par les collaborateurs et experts de la rédaction culturelle de la RTS (8 journalistes spécialisés). Il y a aussi le « 12:45 » qui propose 3 rendez-vous hebdomadaires culturels dédiés qui touchent 100’000 téléspectateurs/jour, avec à chaque fois un invité en plateau. Sans oublier « Pl3in le Poste », un magazine hebdomadaire de “musiques actuelles”.

La RTS propose régulièrement des captations et des diffusions musicales dans les domaines du classique notamment, sous l’enseigne de « Chut! », souvent en coproduction avec des chaînes françaises, ainsi que du jazz et des musiques actuelles avec « Pl3in le Poste on tour ».

« Nocturne » est une case hebdomadaire réservée au cinéma d’auteur et à destination des cinéphiles et « Travelling » le dimanche soir propose le film classique décodé en radio sur la Première par Catherine Fattebert.

De nombreux documentaires consacrés à la culture classique sont aussi programmés, comme par exemple récemment le « Zacharias », le « Ring » au Grand Théâtre de Genève.

Enfin, pour les enfants, la RTS propose « La Tête dans les histoires », une initiation à la lecture et « Mission ciné » un magazine cinéma en collaboration avec la Lanterne magique.

 

La tête dans les histoires

La tête dans les histoires

A la radio…

Inutile de présenter Espace 2, une chaîne thématique et exclusivement dédiée à la culture et à la musique. L’effort budgétaire est très important et aucunement guidé par des perspectives d’audience. Et en plus de l’antenne, Espace 2 est active extra-muros sur diverses grosses opérations culturelles dont la plus spectaculaire est sans doute la biennale « Schubertiade ».

Il y a aussi de nombreuses offres intéressantes sur Couleur 3, qui permettent de découvrir le champ musical actuel, notamment romand. Enfin sur la Première, la création récente et la programmation quotidienne de « Vertigo », 1h30 de culture à une heure de grande écoute, est emblématique des intentions de la RTS dans le domaine. A cette émission importante s’ajoutent des rendez-vous quotidien de qualité comme « Paradiso », « Dernier rêve avant la nuit », et bien sûr « Histoire Vivante ».

Sur le web !

Depuis 2013, la RTS propose des diffusions régulières (environ 10x an) de concerts en streaming live. Grâce à un partenariat original avec Arte web.

La RTS est aussi présente aux grands rendez-vous culturels comme les Prix du cinéma suisse ou de la musique suisse, produits et diffusés en streaming live sur les plateformes RTS.

Et depuis 2010, de nombreux projets transmédias très intéressants se développent, comme par exemple l’opération spéciale consacrée en 2013 à « Marseille, capitale européenne de la culture » ou une jolie série consacrée au Transsibérien.

 

Le patrimoine, enfin

Depuis 2005, sous l’égide d’une Fondation spécialement créée pour cela (FONSART), la RTS a entrepris le sauvetage et la numérisation de toutes les archives de la TV, puis maintenant de la radio. Des millions ont été consacrés à cela car un service public a aussi la responsabilité de conserver le patrimoine culturel de la région dans lequel il diffuse. C’est ainsi que la RTS a pu restaurer et numériser toutes les grandes œuvres du cinéma et du documentaire romand. Œuvres qui sont aussi l’objet d’une collection que nous coéditons avec la Cinémathèque Suisse sous forme de coffrets de grande qualité. Et la RTS se lance maintenant dans la numérisation de la musique.

L’ambition ici est de développer la plateforme participative notrehistoire.ch, qui offre une combinaison unique d’archives déposées par la RTS avec des documents présentés par le public. Le tout compose un très intéressant kaléidoscope de notre histoire contemporaine.

Voilà pour l’inventaire.

La responsabilité de l’audiovisuel public en matière de culture est certainement importante. Mais il y a bien longtemps que cela ne se résume plus à la diffusion TV entre 20h00 et 23h00.

La RTS essaye d’aller à la rencontre de son public culturel, là où il se trouve, comme il le souhaite, sur le terrain comme sur les différentes antennes / médias, en direct ou à la carte.

C’est la combinaison de tout cela qui permet d’évaluer la contribution de la RTS à la culture en Suisse romande. Elle n’est pas mince !

 

Gilles Marchand

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