Quelques trends de la baie (de San Francisco)

Il y a d’abord le développement foudroyant des universités virtuelles.

Ils sont nombreux à travailler sur ces universités virtuelles intelligentes. A commencer par les professeurs de Standford qui quittent le campus pour mieux le concurrencer à distance. Car il ne s’agit pas que de simples cours filmés disponibles sur le web. Mais au contraire de recours aux technologies les plus abouties d’intelligences artificielles, qui permettent aux étudiants un accès collectif à un enseignement… personnalisé. Et le plus intéressant est que les tests comparatifs opérés sur des populations apprenantes dans le campus et d’autres derrière leurs ordinateurs montrent que les seconds apprennent plus vite et mieux que les premiers! Se posent alors mille questions de certification et de contrôle. Mais c’est une vague qui prend de l’ampleur. L’EPFL et son président l’ont bien identifiée.

Il y a ensuite le partage de propriété et la manche virtuelle.

On oscille là entre les vieilles utopies baba (qui ne sont jamais très loin en Californie) et le système D vital dans des économies en crise.

En clair, un projet, une entreprise ou une idée peinent à se financer ? Pas de problème, on fait la manche… sur le web. Et cela fonctionne pas mal (dans les grands marchés…), à coup de quelques dollars. Il faut bien sûr que l’appel concerne quelque chose d’honorable pour la communauté, d’altruiste, de noble etc. Pas sûr que cela marche pour monter un business de tapis.  Mais cela fonctionne pour les médias américains de service public, qui comptent beaucoup sur ce phénomène pour financer leurs programmes (avec les fondations bien sûr).

Le partage de propriété, c’est un peu notre système « Mobility » puissance 1000, et il touche de nombreux domaines/biens. Voitures, appartements, vêtements, cours, etc. Bref, on dépossède.

Il  y a encore la « gamification », nouveau leitmotiv marketing.

Le jeu ou la dimension ludique de toute activité qui demande un engagement (notamment commercial), comme mère de toutes les efficacités. Tout passe mieux si on joue, même si c’est pour ne rien gagner vraiment. Tous les programmes de fidélisation (aux médias notamment) s’appuient sur le jeu, les ventes dans les grands magasins, etc.

Il y a enfin les nouvelles applications mobiles qui s’occupent de votre santé, de votre sécurité et de votre réputation, bien sûr.

De nombreuses applications se proposent de mesurer votre pression artérielle, de surveiller votre poids, de compter les pas et mouvements effectués en 24h, de tenir à jour la liste de vos pépins de santé ou de vos stocks de pilules, de vous réveiller la nuit si votre grand-mère est tombée dans la salle de bain, etc. Tout cela semble partir d’un bon sentiment, celui de veiller à sa santé (c’est piquant dans un pays où la surcharge pondérale est un fléau majeur…) et de se responsabiliser à ce sujet. Mais on peut aussi imaginer le lobby des assurances ou des pharmas très attentifs à tout cela…

Les applications qui ont trait à la sécurité tournent beaucoup autour de la surveillance (à distance) des biens (maisons, voitures, magasins, tablettes ou smartphones, etc.) et des personnes (enfants, personnes âgées). Avec en bonus toutes sortes d’alarmes connectées en cas de rencontres indélicates.

Quant à la e-réputation, il s’agit là soit de savoir vite et bien à qui on a à faire (croisements de toute sortes de fichiers, datas), soit d’essayer d’effacer sa propre trace digitale (si elle n’est pas exempte de tout moment de faiblesse bien sûr…).

Bienvenue dans la Silicon Valley.

Gilles Marchand

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