La SSR a besoin de la TSR

Discours officiel prononcé à l’occasion du 50ème anniversaire de la TSR, novembre 2004.

Monsieur le Conseiller fédéral,
Mesdames et Messieurs les représentants des autorités politiques nationales, cantonales et communales,
Mesdames et Messieurs les responsables de SSR SRG Idée Suisse,
Chers invités Suisses, Français, Belges et Canadiens.

Il m’appartient donc d’ouvrir officiellement les feux de cette belle soirée en vous souhaitant la plus cordiale bienvenue, au nom de tous les collaborateurs de la télévision suisse romande.

Nous célébrons officiellement ce soir, en votre précieuse compagnie, le 50ème anniversaire de la TSR.
Et comme nous avons voulu ce soir aussi faire notre métier, nous nous sommes arrangés pour que le calendrier politique américain s’adapte à celui de la TSR (…). Nous vous proposerons donc tout à l’heure de suivre en direct depuis les Etats Unis, où se trouvent nos équipes, les résultats des élections présidentielles.
Ceux d’entre vous qui resterez avec nous jusqu’aux premières heures du matin, saurons en direct qui de George Bush ou John Kerry sera président.

Mais il ne s’agit pas que d’une coïncidence de circonstance. Depuis 50 ans, d’une manière ou d’une autre, la TSR est ouverte au monde, cultive de multiples jardins thématiques, culturels, et accompagne sans relâche une Suisse romande qui n’a pas été avare en changements.

En fait, on ne peut dissocier la Suisse romande de la TSR. Bien sûr, il n’est pas question de monopole, même de service public…. Monsieur le Conseiller Fédéral.
Bien entendu, la TSR ne prétend pas incarner à elle seule l’identité romande. Je tiens par exemple à saluer le rôle pionnier de nos cousins de la RSR, présents parmi nous ce soir. Mais la relation entre la TSR et la Suisse romande est vraiment très étroite, intime, subtile. C’est pourquoi Mesdames et Messieurs, Chers Invités, permettez moi de centrer ce bref message autant sur cette région, que sur l’histoire de sa télévision.

Je vous le dis d’emblée, Monsieur le Conseiller fédéral, parce que je sais que vous êtes sensible au métissage de notre pays, la Suisse a besoin de la Suisse romande. Plus que jamais sans doute en ces temps un peu compliqués.

D’abord parce que la Suisse romande, la Suisse francophone, est une vraie terre d’intégration et d’innovation. Certes, nous n’avons pas de dialecte ou de bannière facile à dresser. Mais nous savons assimiler les expériences, transférer les compétences. Il y a par exemple un vrai trésor d’innovation, de créativité, scientifique notamment, dans cette région.
Nous attirons de très brillants cerveaux sur les rives lémaniques, dans la région des trois lacs, à Fribourg ou dans l’arc jurassien. Nous devons les garder et les intégrer. C’est grâce à ce terreau que la Suisse romande s’est développée, et la TSR avec elle, depuis un demi-siècle.

Et puis le statut parfois précaire de minoritaire dans un état fédéral peut avoir quelques atouts. Celui par exemple de faire face aux crises un peu avant les autres et du coup de devoir trouver des solutions. De faire preuve d’imagination.

Et puis la Suisse a besoin de la Suisse romande parce que celle-ci incarne la porte ouverte sur le monde. Sur le monde francophone d’abord. Grâce à TV5 Monde, des dizaines de millions de téléspectateurs ont accès à la vie politique, économique et culturelle de la Suisse, en suivant les programmes de la TSR.
De Montréal à Saigon en passant par Dakar, Moscou et Pékin, la Suisse existe avec ce formidable réseau francophone. Nous sommes largement convaincus en Suisse romande et à la TSR, que cette visibilité rend un immense service à ce pays.

Et puis la Suisse romande accueille aussi de nombreuses organisations internationales, politiques comme sportives. Tout cela contribue à l’évidence au rayonnement de la Suisse.

Et à l’inverse, nous avons aussi besoin de cet oxygène. Cette double relation vaut aussi bien pour la région que pour la TSR.

Nos Amis francophones peuvent en témoigner. La TSR existe depuis sa création, sur la scène audiovisuelle internationale, par la qualité de ses programmes. Mais par son ambition aussi.
Et c’est par exemple René Schenker, le premier directeur de la TSR, qui est avec nous ce soir et que je salue, qui a été un moteur indispensable à la création de l’UER et de la communauté des télévisions francophones. Il a aussi eu l’intuition de l’importance des co-productions avec la France, co-productions essentielles à l’existence de téléfilms romands.

Cette ambition doit être maintenue. Car en retour, la TSR apporte à la Suisse romande un regard nécessaire et apprécié sur ce qui se passe ailleurs.

Cette ambition, cette ouverture, elle concerne aussi notre métier de base, la production audiovisuelle. Un rapide retour sur l’histoire de la TSR montre que chaque période a eu ses lots d’innovations, d’explorations.

Il y a eu par exemple le développement de la transmission, l’arrivée des satellites, du câble. A chaque fois, la TSR a joué un rôle de pionnier. Nécessité faisant loi, c’est peut-être en raison de sa proximité avec la France, d’une concurrence pour le moins stimulante, de l’absence totale de frontière audiovisuelle.

Aujourd’hui la TSR est engagée dans la préparation de la télévision interactive. Il est absolument certain que nos contenus vont se décliner sur plusieurs écrans, vont se regarder avec différents rythmes.
D’une certaine manière, la télévision va sortir des foyers, devenir mobile comme le récepteur lui-même.
Tout cela aura une influence réelle sur la conception de nos programmes. Les notions de directs et différés évolueront. La participation du public aussi. La fiction ne se regardera sans doute pas comme l’information ou le sport.
Et bien nous ferons tout ce qui est possible pour être présents sur ces nouveaux écrans et pour que nous puissions rester une télévision généraliste attractive.

Notre mission consiste à amener nos contenus là où se trouvent ceux qui peuvent s’y intéresser.
Il me semble qu’il y a là une vraie démarche de service public.
Nous devons explorer, anticiper, nous adapter aux modes de vie.
Et c’est ainsi que la télévision peut contribuer à faire exister un sentiment d’appartenance à une région, à des communautés de valeurs. C’est ainsi que le service public, contemporain, reste un facteur d’intégration.

Vous le voyez Monsieur le Conseiller Fédéral, Monsieur le Directeur Général, Chers Invités, avec pour un soir, une immodestie que vous me pardonnerez je l’espère, je suis sûr que la Suisse a besoin de la Suisse romande, autant que la SSR idée suisse a besoin de la TSR ! En tous cas pour cinquante nouvelles années !

Gilles Marchand

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