Une nouvelle tour pour la TSR

2004. Photo d'illustration Crédit/Copyright : RTS/MOSER Monique

Brief pour le concours architecte de la tour TSR, octobre 2004.

La Télévision Suisse Romande (TSR) exprime son mandat de service public d’abord à travers son offre programmatique. C’est ainsi que le « label TSR » (TSR1, TSR2, tsr.ch) offre chaque jour un contenu généraliste, accessible à tous, crédible, informatif et divertissant et contemporain, dans le contenu comme dans sa forme et sa distribution.
La TSR s’adresse à tous les publics susceptibles de recevoir ses programmes, sans distinction d’âges ou de savoirs, en Suisse romande d’abord, mais aussi dans toute la Suisse et même dans tout le monde francophone grâce au relais de TV5 Monde.

Mais la TSR ne se résume pas à son seul programme. La TSR est une entreprise qui compte plus de 1000 collaborateurs, qui gère un budget important, qui investit chaque année plusieurs millions pour maintenir un appareil de production audiovisuel performant en suisse romande, une entreprise qui agit aussi sur la scène nationale et internationale.
Et cette entreprise toute entière doit exprimer les valeurs présentes dans les contenus qu’elle produit et diffuse.

Aujourd’hui, la TSR se lance dans un vaste projet immobilier dont le point culminant, dans tous les sens du terme (!), sera la rénovation complète de la tour du quai Ansermet.
Cette tour a une portée symbolique qu’on ne peut ignorer. Elle incarne la TSR au cœur de la ville, elle illustre la taille de l’entreprise TSR, à l’échelle romande en tous cas, elle matérialise les innombrables strates et combinaisons nécessaires à la fabrication d’un programme de télévision.
La tour TSR symbolise aussi des aspects moins flamboyants : une verticalité peut propice à l’échange et à la communication – un comble ! –, une sorte de sédimentation en étage qui exprime plus l’immobilisme que le mouvement, des petites cases représentées par autant de petites fenêtres calibrées au même format, qui font plus penser à une administration un peu terne qu’à une entreprise innovante, et enfin une citadelle peu accueillante, plus renfermée sur elle-même qu’ouverte sur le monde.

Alors imaginer aujourd’hui la future tour TSR, c’est essayer d’adapter ce bâtiment à l’identité programmatique de la chaîne et de le mettre au service d’une nouvelle culture d’entreprise, mobile et non statique, ouverte et non repliée, fluide et non figée, solide mais pas arrogante, contemporaine et non corporatiste.
Le bâtiment devra être compatible avec de nouveaux processus de travail, qui se baseront sur deux axes : la mise en réseau des savoirs et la polyvalence des compétences. Il sera sans doute question d’ensembles thématiques, de groupes d’activités plus que d’étages professionnels au sens stricte, comme c’est le cas aujourd’hui.
La tour TSR doit symboliser ce que sera la TSR demain. Vaste défi lorsque l’on construit pour quelques dizaines d’années.
C’est pourquoi il ne faut pas se figer sur l’esprit du moment mais travailler sur des valeurs a-temporelles. La TSR est et sera généraliste, plurielle, ouverte, innovante, indépendante, chaleureuse, proche de ses téléspectateurs.
Et ceux qui nous regarderont demain, à travers leurs écrans comme en passant devant notre site, devront confusément ressentir, tout ou partie, ces valeurs !

Gilles Marchand

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